[Newsletter 220] La formation peut-elle être BIO ?

le 17/02/2020

Nos habitudes de consommation ont changé avec l’apparition de Yuka, le RGPD renforce notre souhait de protéger notre vie privée et les préoccupations RSE des entreprises nous sensibilisent à notre bien-être. Et la formation dans tout ça, peut-elle être BIO ?

Bonne pour notre cerveau ?

Une formation respectueuse de notre cerveau se doit de le ménager. En effet, si nos capacités d’attention, de concentration de réflexion, de motivation et de mémorisation sont quasiment infinies, leur épuisement peut être rapide.

Les neurosciences ont permis de mieux maîtriser nos mécanismes d’apprentissage : il faut y aller petit à petit et prendre son temps.

Il faut également parier sur notre intelligence plutôt que sur notre discipline et nous laisser libres d’organiser nos apprentissages comme il nous semble naturel et personnel de le faire.

Les formations « bourrage de crâne » qui confondent remplissage avec apprentissage jouent un jeu de dupes qui ne convient qu’aux acheteurs qui cherchent une solution rapide et peu coûteuse à un problème dont ils n’ont que faire.

Bonne pour notre vie personnelle ?

En plus d’être respectueuse de nos capacités cognitives, la formation doit savoir rester à sa place. Bon nombre de responsables formation lorgnent du côté des stratagèmes peu glorieux des réseaux sociaux pour nous rendre dépendants et captifs et rêvent des mêmes taux de fréquentations sur leurs LMS. La course à notre attention est féroce et entrer dans le jeu de la gamification à tout prix, des notifications qui s’insinuent dans notre espace personnel et des injonctions à être actif et collaboratif ne peut être gagnant qu’à court terme.

La formation doit être attirante pour ce qu’elle apporte réellement aux personnes formées, non par les artifices du monde de la consommation.

Bonne durablement ?

La formation ne doit pas être jetable. Que penser de ces petites capsules vidéos qu’il faudra obligatoirement refaire dès qu’il faudra changer un contenu. Et ces coûteux serious-game sont-ils vraiment plus efficaces qu’un support moins prestigieux, mais tout aussi pédagogique ?

Investir dans une conception pédagogique solide et rigoureuse est certainement plus durable que foncer tête baissée dans la production de contenus plus flatteurs par leur forme que par leur fond.

La formation se doit d’adopter une approche écologique de l’apprentissage.

« La formation oui, mais sans pesticides ! » — René DUMONT